août 1, 2021

Le Victoria Droit

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Marine Le Pen dans l’impasse


EDITO/ Une semaine seulement après une défaite aux régionales qui les a sonnés, les militants du RN ont entamé ce samedi leur 17e congrès à Perpignan. Objectif : sortir de l’impasse après l’échec cuisant des élections.

Ce devait être l’étape ultime de la dédiabolisation. La preuve que le Rassemblement national, assagi, pouvait emporter une élection d’envergure. La dernière étape avant la présidentielle de 2022, et une victoire à portée de main. Marine Le Pen finissait par y croire. “On me regarde différemment”, confiait-elle. Il est vrai que, pour les régionales, toutes les enquêtes d’opinion pronostiquaient une, voire deux victoires, du RN. Un revers qui renvoie Marine Le Pen au paradoxe de la droite extrême : pour réaliser un score au premier tour, elle doit être transgressive, antisystème, mais pour emporter une élection, il lui faut donner des gages de respectabilité, rentrer dans le rang. Or, apparemment, sa volonté de normalisation n’a pas porté ses fruits. Ainsi,l il y a six ans. Et 75 % des électeurs « frontistes » ont déserté les urnes.

Socle solide

Bien sûr, il ne faut pas tirer des conclusions hâtives à partir de ces élections locales, marquées par un fort taux d’abstention. Dans la perspective de 2020, Marine Le Pen conserve un fort potentiel, et un socle solide : autour de 20 %. Elle n’est pas morte. Mais l’astre a été terni. Son ascension ne semble plus irrésistible. Déjà au sein de son parti, les dissensions s’expriment. Nombre de dirigeants estiment qu’en désertant la ligne socialo-souverainiste, Marine Le Pen a commis une erreur stratégique. On lui reproche d’avoir confondu dédiabolisation et alignement. D’avoir renoncé au langage cru et aux petites phrases abrasives qui ont longtemps été la marque de fabrique du FN. D’avoir fait trop de concessions au système : abandon du Frexit, reculade sur Schengen, déclaration en faveur du remboursement de la dette, 40 annuités pour la retraite qui ne sera plus à 60 ans pour tout le monde… « Gagner en crédibilité, c’est convaincre de l’applicabilité de son programme, pas troquer ce dernier pour celui du parti contre lequel on est censé incarner l’alternative », analyse le politologue Benjamin Morel.

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