août 1, 2021

Le Victoria Droit

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Salamé, clé de voûte du système bancaire, accusé d’avoir précipité la crise


Longtemps garant de la stabilité financière, le gouverneur de la Banque du Liban est aujourd’hui accusé d’avoir précipité la crise financière et de s’être enrichi. A Beyrouth et en Europe, la justice enquête.

Il est le gardien des grands secrets et des petits arrangements financiers de la classe politique libanaise. A la tête de la Banque du Liban (BdL) depuis 1993, Riad Salamé, 71 ans, est la clé de voûte du système bancaire qui a conduit le pays du Cèdre à la faillite. Depuis le mouvement de contestation populaire démarré en octobre 2019, son nom est conspué par la rue libanaise, qui l’accuse d’avoir ruiné les épargnants et d’être responsable de la chute de la livre.

Actifs nébuleux

Une chose est sûre : il est difficile d’y voir clair. “Le fonctionnement de la Banque centrale libanaise est d’une opacité totale, assure-t-on au Quai d’Orsay. A chaque fois, je le voyais toujours seul, en tête à tête, sans témoin.” Déjà en 2007, alors qu’il était au sommet de sa gloire, un télégramme diplomatique américain révélé dans les Wikileaks attirait l’attention sur “son penchant pour le secret” et sa capacité à “pousser l’autonomie au-delà de la légalité.”

Aujourd’hui, personne ne connaît précisément les réserves de change, les actifs et le stock d’or de la BdL, qui est la seule banque centrale au monde à être l’actionnaire majoritaire d’une salle de jeux, en l’occurrence le Casino du Liban, qui surplombe la baie de Jounieh. La BdL est aussi propriétaire de la compagnie aérienne nationale, Middle East Airlines (MEA), et son patrimoine immobilier se compose de plus de 1 200 biens.

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Contre l’avis du ministère des Finances, lors des négociations avec le Fonds monétaire international (FMI) en mai 2020, il rejette toute idée d’un audit de l’institution qu’il dirige, préalable pourtant à tout financement international. Depuis, les discussions avec le FMI n’ont pas repris. Finalement, c’est le cabinet Alvarez & Marsal qui a été désigné pour procéder à la vérification des bilans de la BdL. Mais les documents comptables indispensables à la vérité des comptes ne lui seront jamais communiqués. Salamé se défend d’être responsable du gouffre du déficit public et la dette qui frôle aujourd’hui le[…]

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